Calendrier des concours et finale Couleurs de Bretagne

Concours de peinture amateur en Bretagne

Finale régionale 2011, St-Quay-Portrieux

Sur L’air de «  J’m’voyais déjà en haut de l’affiche »
Paroles Albert Simonneau


Y’a bien longtemps, j’ai quitté ma campagne
Mon atelier était bien trop petit
J’m suis inscrit à « Couleurs de Bretagne »
En espérant découvrir des Pays


Je n’ai connu que des succès faciles
Dans des concours aux piètres résultats
Des ronds d’jambes à Armelle, des coups de mains çà et là
Mais rien à faire, les jurys ne m’aimaient pas.


Je m’voyais pourtant en haut de l’affiche
Dans les commentaires des journaux du coin mon nom s’inscrivait
j’m voyais alors attirant les riches
des vrais amateurs, des spéculateurs qui se bousculaient

Albert Simonneau


J’ai vite déchanté, c’est vrai je suis resté dans l’ombre
Des Daniel Giffard, des Jean-Paul Bihan et Eugène Scelo
Des moins forts que moi aussi et c’est ça le comble
Des gens sans scrupule, souvent ridicules qui s’prennent pour des pros


J’ai cherché bien sûr à sortir de l’ombre
A me distinguer des techniques nouvelles savamment pensées
Je n’ai rien trouvé hélas, j’ai les idées sombres
Eliane De Beaucorps cette intellectuelle est plus inspirée


Ces brillants artistes m’ont rendu amer
Faire de l’abstraction com’Jeanne Robidou c’est trop cérébral
J’ai collé des trucs aussi com’ Jean-Paul Travers
Mais Sylvain aussi collait des papiers ça m’était fatal


Mon chevalet ça fait 20 ans que le porte
Mes acryliques sont dans un tel état
J’entends derrière moi des gens qui colportent
Des anecdotes, des ouï-dire contre moi


J’ai beaucoup d’mal, j’entretiens des complexes
Quand Claude Gicquel s’installe auprès de moi
Son charisme, son fair-play me rend toujours perplexe
Je quitte la scène, ce soir je n’rendrais pas


Je vis toujours mal, dans cet univers
L’air désabusé vraiment écœuré, j’serais mieux chez moi
Biner mes patates, travailler la terre
Dans mon jardinet laissant mes pinceaux, caressant mon chat


J’ai longtemps cherché à quitter le navire
Voir ces rigolos, tous ces aristos, ça m’horripilait
J’ai eu des boutons partout et vous allez rire
Plus j’les fréquentais dans tous ces concours et plus j’me grattais


Puis sont arrivés ensuite les grosses pointures
Michel Le Déroff, Jipé de la Flèche, des bons des meilleurs
Le grand Fréderic aussi et c’est l’imposture
Plus d’herbe à brouter et puis ces gens-là vous font paître ailleurs


Ma carrière s’arrête là dans la sinistrose
On vous dit toujours que le principal c’est d’participer
Et vu mon grand âge (c’est vrai), c’est beaucoup moins rose
Mais rassurez-vous j’serais là encore pour les emmerder.